Ontario Neurotrauma Foundation

GUIDE DE PRATIQUE CLINIQUE

POUR LA RÉADAPTATION DE LA CLIENTÈLE ADULTE
AYANT SUBI UN TCC MODÉRÉ OU GRAVE

Ontario Neurotrauma Foundation INESSS
SECTION 1: Composantes d'un continuum optimal de réadaptation à la suite d'un TCC > F. Éducation et sensibilisation sur le TCC

F. Éducation et sensibilisation sur le TCC

Retour >

Les personnes qui vivent avec les séquelles d’un TCC et leurs proches rapportent fréquemment ne pas avoir reçu toute l’information dont ils ont besoin concernant le TCC. Si les informations sont fournies d’une façon qui soit significative pour la personne et ses proches, cela peut les aider à comprendre ce qui est arrivé à la personne, les changements potentiels ou les défis, de même que les impacts de ceux-ci. Les informations devraient être fournies de différentes manières : individuellement, en groupe et par écrit. Les informations doivent être faciles à comprendre et respecter les sensibilités culturelles. Des informations portant sur les ressources communautaires disponibles et les ressources en ligne devraient également être fournies. L’éducation en groupe des individus qui peuvent avoir l’occasion de croiser fréquemment des personnes ayant subi un TCC peut améliorer leur compréhension des besoins spéciaux et des défis rencontrés par ces personnes. Les intervenants qui donnent de l’information devraient varier le contenu et la somme des informations en fonction de la disposition de la personne et du moment propice après le TCC.

Les programmes de réadaptation devraient évaluer d’une manière standardisée les connaissances et la disposition de la personne ayant subi un TCC et ses proches à recevoir de l’information. Les intervenants devraient fournir de l’information sur papier de façon progressive et ordonnée. Cette information écrite devrait être accompagnée de sessions de formation pour donner des explications et échanger sur : ce qu’est le TCC, ses effets, comment ces effets peuvent évoluer dans le temps et comment on peut les gérer. Les gestionnaires de programmes devraient déterminer les intervenants qui seront responsables de ces interventions et planifier du temps pour la réalisation de cette activité, qu’elle soit offerte de façon individuelle, en groupe ou avec les proches de l’usager. Cette activité peut être jumelée avec les rencontres d’équipe lors desquelles l’usager et ses proches sont présents. Une formation aux sensibilités culturelles peut aider les intervenants en réadaptation à bien mener ces échanges. Les programmes devraient travailler en collaboration avec les associations régionales et provinciales pour les personnes ayant subi un TCC pour obtenir des contenus éducatifs (ou en développer) pouvant aider à fournir cette information. Les associations pour les personnes ayant subi un TCC devraient développer des contenus éducatifs et des programmes de formation à l’intention des individus qui peuvent avoir l’occasion de croiser fréquemment des personnes ayant subi un TCC modéré ou grave.

 

Exemples d'indicateurs

  • Proportion des neuf sujets suivants abordés dans les informations écrites transmises aux personnes ayant subi un TCC et à leurs proches aidants:

    1. Les conséquences les plus fréquentes d’un TCC sur les plans physique, cognitif, comportemental et émotionnel ;

    2. La réassurance à propos des signes et symptômes auxquels on peut s’attendre ;

    3. La possibilité de problèmes à long terme ;

    4. Des conseils à propos des situations à haut risque, des mesures de sécurité et d’autosoins ;

    5. Des conseils sur les interactions entre l'alcool et les médicaments psychotropes ;

    6. Des conseils sur l'abus d'alcool ou de substances chez les personnes ayant subi un TCC dans un contexte d’intoxication à l’alcool ou à des substances ;

    7. Les services et ressources en réadaptation

    8. Les ressources communautaires ;

    9. La difficulté, pour les personnes qui n’ont pas de connaissances sur le TCC, à détecter les problèmes qui y sont reliés.

Voici des suggestions d'outils et de ressources qui peuvent être utilisés pour soutenir l’implantation des recommandations de cette section. Les professionnels de la santé doivent en tout temps respecter les dispositions légales et normatives encadrant l’exercice de leur profession, dont notamment les dispositions relatives aux champs de pratique ainsi qu’aux activités réservées ou protégées, puisque celles-ci peuvent différer d’une province à l'autre.

Ressources pour les usagers et les proches :

Autres ressources :

(Leith et coll. 2004) rapportent que les usagers et leurs proches ont indiqué avoir éprouvé les besoins suivants au cours de la période suivant le congé : prestation de services précoces, continus et complets, information et formation, promotion des droits formelle et informelle, autonomisation (« empowerment ») de la personne ayant subi un TCC et de ses proches, solidarité humaine et appartenance sociale. Une autre étude (Sample et Langlois 2005) a rapporté les besoins suivants : liaison avec les services, amélioration de l’accès à l’information sur les services disponibles et amélioration de l’accès aux services. Avec une majorité des besoins non répondus concernant l’information sur l’état de santé de l’usager (Doyle et coll. 2013), il est important que tant l’usager que ses proches demeurent informés et qu’on leur fournisse cette information d’une manière compréhensible pour eux.

Il faut également éduquer le public et la communauté et faire en sorte que les besoins et les défis auxquels les personnes ayant subi un TCC doivent faire face deviennent mieux connus et compris. Dans une étude randomisée contrôlée menée par Togher et coll. (2004), les avantages de former certains groupes sur la manière de réagir face aux personnes ayant subi un TCC se sont montrés évidents. Des policiers ont été formés sur la façon d’agir avec les personnes ayant subi un TCC, alors que d’autres policiers qui s’étaient portés volontaires n’ont pas participé à cette formation. Il a été identifié  que les policiers qui avaient été formés avaient significativement réduit le nombre de questions requises pour obtenir l’information nécessaire pendant l’appel d’urgence, qu’ils ont pris moins de temps pour établir la nature des services requis et qu’ils ont passé plus de temps à répondre aux questions qui leur étaient posées par la personne ayant subi un TCC. 

REFERENCES
Doyle, S. T., Perrin, P. B., Diaz Sosa, D. M., Espinosa Jove, I. G., Lee, G. K., & Arango-Lasprilla, J. C. (2013). Connecting family needs and TBI caregiver mental health in Mexico City, Mexico. Brain Injury, 27(12), 1441-1449.

Leith, K. H., Phillips, L., & Sample, P. L. (2004). Exploring the service needs and experiences of persons with TBI and their families: the South Carolina experience. Brain Injury, 18(12), 1191-1208.

Sample, P. L., & Langlois, J. A. (2005). Linking people with traumatic brain injury to services: successes and challenges in Colorado. J Head Trauma Rehabil, 20(3), 270-278.

Togher, L., McDonald, S., Code, C., & Grant, S. (2004). Training communication partners of people with traumatic brain injury: A randomised controlled trial. Aphasiology, 18(4), 313-335.

> Ouvrir tout le contenu > Fermer tout le contenu

F1. Éducation et sensibilisation auprès de l'usager

P Prioritaire F Fondamentale Nouvelle Niveaux de preuve A B C
F 1.1 P C

La personne ayant subi un traumatisme craniocérébral (TCC) et ses proches devraient recevoir, au moment opportun et de manière progressive et régulière, de l’information verbale et écrite sur le TCC, adaptée à l’âge, la culture et la langue des individus concernés. Cette information devrait inclure :

  • les conséquences les plus fréquentes d’un TCC sur les plans physique, cognitif, comportemental et émotionnel;

  • la réassurance à propos des signes et symptômes auxquels on peut s’attendre;

  • la possibilité de problèmes à long terme;

  • des conseils à propos des situations à haut risque, des mesures de sécurité et d’autosoins;

  • des conseils sur les interactions entre l’alcool et les médicaments psychotropes;

  • des conseils sur l’abus d’alcool ou de substances chez les personnes ayant subi leur TCC dans un contexte d’intoxication à l’alcool ou aux substances;

  • les services et ressources en réadaptation;

  • les ressources communautaires;

  • la difficulté, pour les personnes qui n’ont pas de connaissances sur le TCC, à détecter les problèmes qui y sont reliés.

(Adapté de NZGG 2007, 9.2, p. 132) 

F 1.2 C

La personne ayant subi un traumatisme craniocérébral (TCC) et ses proches devraient recevoir de l’information et des conseils et, par le biais d’une référence, pouvoir échanger sur les effets du TCC dans leur vie avec une personne expérimentée en gestion des effets émotionnels à la suite d’un TCC.

(Adapté d’ABIKUS 2007, G21, p. 19) 

F2. Éducation et sensibilisation auprès du public

P Prioritaire F Fondamentale Nouvelle Niveaux de preuve A B C
F 2.1 C

Les programmes de réadaptation pour les personnes ayant subi un traumatisme craniocérébral (TCC) devraient mettre en œuvre ou collaborer à des activités de sensibilisation et d’information visant à augmenter les connaissances et la compréhension du public en regard des besoins et des défis spécifiques auxquels font face les personnes qui ont subi un TCC.

(Adapté d’ABIKUS 2007, G101, p. 34)

Remarque : Les groupes suivants (mais pas uniquement) ont plus d’occasions que d’autres de croiser des personnes ayant subi un TCC : les policiers, les agents de libération conditionnelle, les services médicaux d’urgence, les éducateurs, les enseignants et les employeurs. 

ENREGISTRER OU IMPRIMER CETTE PAGE

Enregistrer cette page en format PDF pour la télécharger ou l'imprimer

SECTIONS DU GUIDE À TÉLÉCHARGER EN VERSION PDF

Télécharger le guide de pratique complet pour impression ou enregistrement en format pdf.

Télécharger le Guide complet