Ontario Neurotrauma Foundation

GUIDE DE PRATIQUE CLINIQUE

POUR LA RÉADAPTATION DE LA CLIENTÈLE ADULTE
AYANT SUBI UN TCC MODÉRÉ OU GRAVE

Ontario Neurotrauma Foundation INESSS
SECTION 2: Évaluation et réadaptation des séquelles du TCC > H. L’évaluation globale de la personne ayant subi un TCC

H. L’évaluation globale de la personne ayant subi un TCC

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Il est nécessaire de procéder à l’évaluation globale de chaque personne puisque les séquelles d’un traumatisme craniocérébral (TCC) entrainent un ensemble complexe de changements sur les plans physique, émotionnel et cognitif. Il est essentiel de connaitre le vécu de la personne, ses compétences et ses habiletés pré-traumatiques pour comprendre les conséquences du TCC. Dans la période initiale à la suite du TCC, l’échelle de coma de Glasgow (ECG) fournit un aperçu de la gravité du TCC. Au cours de la période d’amnésie post-traumatique (APT), il n’est pas recommandé de procéder à une évaluation globale des fonctions cognitives en raison de la faible capacité d’attention et des changements rapides qui pourraient survenir. Afin de mieux quantifier la durée de l’APT, il est préférable de procéder à une évaluation standardisée et plusieurs outils existent à cet effet. Il est fréquent que d’autres blessures (p. ex. traumatisme médullaire ou musculosquelettique) surviennent en même temps que le TCC; par conséquent il est important  que l’on procède au dépistage de séquelles associées à un  TCC (cognitives ou autres) chez les personnes qui ont subi de multiples traumatismes.

Le personnel soignant devrait être formé à bien utiliser les outils standardisés d’évaluation des personnes ayant subi un TCC notamment l’ECG, l’Échelle de devenir de Glasgow (« Glasgow Outcome Scale (GOS)), les Activités de la Vie Quotidienne et les Échelles de durée de l’APT. L’équipe interdisciplinaire devrait inclure des professionnels formés pour effectuer les évaluations cognitivo-comportementales. Pour procéder à ces évaluations, il sera peut-être nécessaire d’acheter de l’équipement et certains tests.

 

 

Exemples d'indicateurs

  • Proportion de personnes ayant subi un TCC ayant repris conscience pour lesquelles il existe une preuve d'évaluation pour chacune des six incapacités fréquentes suivantes:

    1. Incapacités motrices

    2. Troubles bulbaires affectant la parole et la déglutition

    3. Dysfonctions sensorielles

    4. Diminution du contrôle vésical et intestinal

    5. Troubles cognitifs

    6. Dysrégulations comportementales

  • Proportion de personnes ayant subi un TCC pour lesquelles il existe une preuve d'évaluation, une fois l’amnésie post-traumatique / délirium post-traumatique résolue, pour chacun des huit déficits cognitifs suivants:

    1. L’attention (y compris la vitesse de traitement de l’information) ;

    2. Les fonctions visuo-spatiales ;

    3. Les fonctions exécutives ;

    4. Le langage et la communication sociale ;

    5. La cognition sociale ;

    6. L’apprentissage et la mémoire ;

    7. Le degré de conscience des déficits ;

    8. La détection/expression des émotions

  • Proportion de personnes ayant subi un TCC pour lesquelles un formulaire d'entrevue familiale / proches aidants a été complété dans le dossier.

 

 

Voici des suggestions d'outils et de ressources qui peuvent être utilisés pour soutenir l’implantation des recommandations de cette section. Les professionnels de la santé doivent en tout temps respecter les dispositions légales et normatives encadrant l’exercice de leur profession, dont notamment les dispositions relatives aux champs de pratique ainsi qu’aux activités réservées ou protégées, puisque celles-ci peuvent différer d’une province à l'autre.

Outils cliniques :

À développer localement:

  • Formulaires d'entrevue familiale

Les personnes devraient être évaluées pour le repérage des déficits communément connus. Les évaluations et les protocoles basés sur l'Échelle de Coma de Glasgow (ECG) peuvent orienter la prise en charge initiale. Dans certains cas, les proches peuvent fournir de l’information à propos du degré de conscience des déficits d’une manière plus adéquate que le ferait la personne elle-même (Sohlberg et coll. 1998, Spikman et Naalt, 2010). Lors d’une étude observationnelle, il a été rapporté que les personnes et leurs proches ont obtenu des résultats similaires aux réponses à des questionnaires d’évaluation fonctionnelle de la personne à la suite d’un programme de réadaptation (Svendsen et coll. 2004).
La transition entre le coma post-traumatique et le delirium post-traumatique ou l’APT est caractérisée par des déficits de l’attention sélective et soutenue (Arciniegas, 2010). Au cours de la période d’APT, les déficits des fonctions exécutives, du langage et de l’acquisition des connaissances déclaratives sont souvent proéminents. À la sortie de l’APT, les déficits des fonctions exécutives se manifestent lors de la prise de décision, de la capacité d’abstraction et de la flexibilité cognitive. On retrouve également de la labilité émotionnelle sous forme d’agitation et d’agressivité (Ponsford et coll. 2014). Les neuropsychologues et les psychiatres ont trouvé que les outils de mesure suivants étaient efficaces pour évaluer la durée de l’APT et la gravité du TCC : l’ECG et le test d’orientation et d’amnésie de Galveston (Arciniegas, 2010).

Lorsqu’une personne émerge de l’APT, ses fonctions cognitives devraient être évaluées. Au cours de ce processus, les proches devraient recevoir de l’information et de la formation à propos de la blessure et des soins à donner à la personne afin de diminuer le fardeau que représentent les soins (Calvete and  Arroyabe, 2012) et protéger leur propre santé mentale (Doyle 2013).

Il est également important d’évaluer les personnes polytraumatisées, notamment celles ayant subi une blessure médullaire, en raison des traumatismes concomitants qui peuvent avoir des effets sur la récupération et le coût des soins et services. Dans une étude de Bradbury (2008), il a été trouvé que les personnes ayant subi une blessure médullaire et un TCC avaient présenté de moins bons résultats aux évaluations des fonctions cognitives que celles qui n’avaient pas subi de TCC et que les coûts de leur réadaptation avaient été plus élevés que ceux sans TCC. Sharma et al (2014) ont rapporté que, dans un échantillon de 92 personnes ayant subi une lésion médullaire, 58,5 % des TCC n’avaient pas été identifiés.

REFERENCES
Arciniegas, D. B. (2010). Neuropsychiatric Assessment of Traumatic Brain Injury During Acute Neurorehabilitation* Neuropsychiatric disorders (pp. 123-146): Springer.

Bradbury, C. L., Wodchis, W. P., Mikulis, D. J., Pano, E. G., Hitzig, S. L., McGillivray, C. F., . . . Green, R. E. (2008). Traumatic brain injury in patients with traumatic spinal cord injury: clinical and economic consequences. Arch Phys Med Rehabil, 89(12 Suppl), S77-84.

Calvete, E., & de Arroyabe, E. L. (2012). Depression and grief in Spanish family caregivers of people with traumatic brain injury: The roles of social support and coping. Brain Injury, 26(6), 834-843.

Doyle, S. T., Perrin, P. B., Diaz Sosa, D. M., Espinosa Jove, I. G., Lee, G. K., & Arango-Lasprilla, J. C. (2013). Connecting family needs and TBI caregiver mental health in Mexico City, Mexico. Brain Injury, 27(12), 1441-1449.

Ponsford, J., & Sinclair, K. (2014). Sleep and fatigue following traumatic brain injury. Psychiatr Clin North Am, 37(1), 77-89.

Sharma, B., Bradbury, C., Mikulis, D., & Green, R. (2014). Missed Diagnosis of Traumatic Brain Injury in Patients with Traumatic Spinal Cord Injury. Journal of Rehabilitation Medicine, 46(4), 370-373.

Sohlberg, M. M., Mateer, C. A., Penkman, L., Glang, A., & Todis, B. (1998). Awareness intervention: Who needs it? J Head Trauma Rehabil, 13(5), 62-78.

Spikman, J. M., Boelen, D. H., Lamberts, K. F., Brouwer, W. H., & Fasotti, L. (2010). Effects of a multifaceted treatment program for executive dysfunction after acquired brain injury on indications of executive functioning in daily life. Journal of the International Neuropsychological Society, 16(01), 118-129.

Svendsen, H., Teasdale, T., & Pinner, M. (2004). Subjective experience in patients with brain injury and their close relatives before and after a rehabilitation programme. Neuropsychological Rehabilitation, 14(5), 495-515.

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H1. Principes d’évaluation

P Prioritaire F Fondamentale Nouvelle Niveaux de preuve A B C
H 1.1 F C

Toute personne ayant subi un traumatisme craniocérébral qui est consciente, y compris si cette personne est en amnésie post-traumatique (APT), devrait être évaluée afin de déceler les troubles fréquents suivants :

  • Incapacités motrices (p. ex. faiblesse, trouble de la tonicité ou de l’équilibre, manque de coordination)

  • Blessures/fractures possiblement non détectées

  • Douleur

  • Troubles bulbaires affectant la parole et la déglutition

  • Dysfonctions sensorielles pouvant avoir une incidence sur la sécurité de la personne (p. ex. perte de l’audition, engourdissements, troubles de la vision, y compris diminution de l’acuité visuelle, perte de champ visuel et paralysie de l’élévation du regard)

  • Diminution du contrôle vésical et intestinal

  • Troubles cognitifs (p. ex. déficit de l’attention, de l’orientation ou de la mémoire)

  • Dysrégulations comportementales, y compris les problèmes potentiels sur le plan émotionnel/comportemental

(Adapté d’INCOG, Assess 1, p. 296)

H 1.2 C

La prise en charge initiale de la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral devrait être guidée par des protocoles et des évaluations cliniques basés sur le score de l’échelle de coma de Glasgow.

(Adapté d’ABIKUS 2007, G6, p. 16)

H 1.3 P B

L’évaluation devrait inclure la collecte d’information auprès des proches et des individus susceptibles de prendre soin de la personne après le traumatisme craniocérébral.

(Adapté d’INCOG, Assess 5, p. 297)

H 1.4 C

Les fonctions cognitives de la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral qui est sortie de l’amnésie post-traumatique ou du delirium post-traumatique (APT/DPT) devraient être évaluées par un :

  • neuropsychologue, afin de réaliser une évaluation cognitive formelle au moyen de tests neuropsychologiques validés incluant la mesure de l’effort, de l’état émotionnel et de troubles comportementaux;

  • ergothérapeute, afin d’évaluer l’incidence des déficits cognitifs sur la réalisation des activités significatives et la participation sociale;

  • orthophoniste, afin d’évaluer l’incidence des déficits cognitifs sur la communication (audition, parole, lecture et écriture).

Les évaluations devraient être réalisées de façon collaborative et les intervenants impliqués devraient viser l’intégration de leurs résultats d’évaluation, éviter la multiplication des évaluations et le dédoublement de leurs tests.

(Adapté d’INCOG 2014, Assess 10, p. 298)

H 1.5 P C

Après être sortie de l’amnésie post-traumatique ou du delirium post-traumatique (APT/DPT), toute personne ayant subi un traumatisme craniocérébral devrait être évaluée pour que l’on puisse évaluer la présence de déficits cognitifs dans les sphères suivantes :

  • L’attention, y compris la vitesse de traitement de l’information

  • Les fonctions visuospatiales

  • Les fonctions exécutives

  • Le langage et la communication sociale

  • La cognition sociale

  • L’apprentissage et la mémoire

  • Le degré de conscience des déficits

  • La détection/l’expression des émotions

Ces évaluations peuvent être standardisées ou non selon un certain nombre de facteurs, comme le rythme apparent de récupération et le besoin d’information pour la planification future. Une évaluation standardisée formelle devrait être complétée avant que l’on puisse entreprendre un programme de réadaptation cognitive.

(Adapté d’INCOG 2014, Assess 3, p. 296)

H 1.6 C

À la fin d’une évaluation, la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral et ses proches devraient recevoir de l’information et discuter du diagnostic, du pronostic, du processus de récupération et des interventions thérapeutiques qui peuvent être offertes.

(INESSS-ONF, 2015)

H 1.7 C

Selon le mécanisme du traumatisme, la personne ayant subi un autre type de blessure, par exemple une blessure médullaire ou de graves blessures musculosquelettiques, devrait être soumise à un dépistage pour la présence d’un traumatisme craniocérébral.

(INESSS-ONF, 2015)

RÉFÉRENCES :

- Sharma et al. (2014)
- Bradbury et al. (2008)

H 1.8 C

La personne qui présente des comorbidités, par exemple une blessure médullaire ou de graves blessures musculosquelettiques, devrait avoir accès au moment opportun aux services d’une équipe interdisciplinaire pour les traumatismes craniocérébraux. Ces services devraient être offerts simultanément avec les autres services ou immédiatement après.

(INESSS-ONF, 2015)

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