Ontario Neurotrauma Foundation

GUIDE DE PRATIQUE CLINIQUE

POUR LA RÉADAPTATION DE LA CLIENTÈLE ADULTE
AYANT SUBI UN TCC MODÉRÉ OU GRAVE

Ontario Neurotrauma Foundation INESSS
SECTION 2: Évaluation et réadaptation des séquelles du TCC > M. Fonctions et contrôle moteurs

M. Fonctions et contrôle moteurs

Retour >

Le traumatisme craniocérébral peut entrainer une grande variété de limitations motrices ou physiques, y compris des modifications de tonus, des perturbations de la démarche et de l’équilibre, des contractures et une détérioration de la santé cardiovasculaire. Par ailleurs, plusieurs personnes ayant subi un TCC présentent également des blessures musculosquelettiques dont il faut tenir compte lors des interventions destinées à améliorer les fonctions motrices. Les traitements recommandés mettent l’accent sur l’entrainement à la marche et l’entrainement de l’équilibre, le positionnement et sur des exercices pour augmenter la force et l’endurance. Les approches thérapeutiques devraient encourager la pratique et la répétition de tâches fonctionnelles dans le cadre formel de la réadaptation mais aussi à l’extérieur de ces séances afin d’optimiser la récupération et le fonctionnement moteur. Le positionnement et l’utilisation d’agents pharmacologiques peuvent être utiles pour traiter la spasticité et les contractures.

Un professionnel de la santé adéquatement formé et détenant une expertise en neurologie devrait évaluer, planifier, mettre en œuvre et superviser les services visant à améliorer les fonctions motrices des personnes ayant subi un TCC. L’équipe interdisciplinaire devrait aussi inclure des professionnels spécialisés en positionnement, en orthèses et dans la prescription et l’ajustement des équipements et dispositifs d’assistance technologique requis pour pallier à une grande variété de déficits ou de limitations. Les personnes ayant subi un TCC devraient être prises en charge dans un milieu capable de les verticaliser précocement lors de leur phase de récupération (en l’absence d’hypertension intracrânienne réfractaire).

 

Exemples d'indicateurs

  • Proportion de personnes ayant subi un TCC pour lesquelles un programme d’exercice est inclus comme objectif dans le plan de réadaptation.

 

Voici des suggestions d'outils et de ressources qui peuvent être utilisés pour soutenir l’implantation des recommandations de cette section. Les professionnels de la santé doivent en tout temps respecter les dispositions légales et normatives encadrant l’exercice de leur profession, dont notamment les dispositions relatives aux champs de pratique ainsi qu’aux activités réservées ou protégées, puisque celles-ci peuvent différer d’une province à l'autre.

Outils cliniques :

Autres ressources :

Fonctions et contrôle moteurs
Lorsqu’il y a présence de troubles moteurs à la suite du TCC, le plan d’interventions doit tenir compte de l’étendue des blessures et des symptômes de la personne. Les incapacités motrices peuvent résulter des effets causés de façon indépendante par une immobilisation prolongée et le repos au lit pendant la phase de soins aigus. Une immobilité prolongée affecte plusieurs systèmes corporels mais ce sont les effets directs sur le système musculosquelettique et sur le système cardiovasculaire qui ont le plus d’impact sur les fonctions motrices (Bushbacher & Porter 2000).

Pour certains usagers, il a été démontré que la thérapie par contrainte avait amélioré l’utilisation des membres supérieurs mais cette thérapie nécessite un haut niveau d’observance (Shaw et coll. 2005). Il a également été démontré que la thérapie par contrainte avait amélioré l'amplitude et la qualité du mouvement du membre supérieur (évaluation par le Motor Activity Log), de même qu’un certain niveau de fonctionnalité du membre supérieur (Page et Levine 2003; Shaw et coll. 2005).   

Afin d’améliorer la motricité fine, il existe des activités de rééducation qui devraient être envisagées à la suite d’un TCC. Dans une étude randomisée contrôlée (ERC), Neistadt (1994) a analysé la motricité fine chez des adultes de sexe masculin ayant subi un TCC en comparant deux contraintes différentes : des activités sur table (par exemple des casse-tête, des activités sur tableau marquoir, etc.) et des activités fonctionnelles (par exemple la préparation d’un repas). Les résultats ont indiqué que les activités fonctionnelles avaient été plus efficaces que celles sur table pour améliorer la motricité fine.

Plusieurs interventions de type entraînement répétitif destinées à améliorer la réalisation de tâches spécifiques à la suite d’un TCC ont été étudiées. Une ERC menée par Canning et coll. (2003) a utilisé un entrainement intensif avec l’exercice assis-debout et a démontré une meilleure performance à cet exercice après un délai défini. Dans une étude prospective analysant l’entrainement à l’équilibre, Dault et Dugas (2002) ont rapporté une amélioration significative de l’équilibre et de la coordination dans un groupe qui avait participé à un programme d’entrainement à l’équilibre et à la coordination, comparativement à un programme conventionnel d’entrainement musculaire. Il a également été démontré que la réalité virtuelle en tant qu’outil d’intervention pouvait améliorer l’équilibre. Dans une étude d’Ustinova et coll. (2014), il a été rapporté que les participants, après avoir complété une série de 15 séances de thérapie en réalité virtuelle, avaient  amélioré de façon significative leur équilibre et leur stabilité dynamique mesurés au moyen des outils suivants : l’échelle d'évaluation de l'équilibre de Berg , le Functional Gait Assessement et le Functional Reaching Test. Cette intervention a également démontré qu’elle avait réussi à cibler l’amélioration des troubles de la posture et de la coordination. Cuthbert et coll. (2014) ont aussi démontré qu’une thérapie par réalité virtuelle pouvait améliorer l’équilibre de manière significative; cependant les acquis réalisés au moyen de cette intervention n’étaient pas significativement différents de ceux réalisés au moyen d’une thérapie conventionnelle. Finalement, pendant des exercices d’équilibre statique, la rétroaction visuelle fournie par une console Wii avait aidé à diminuer l’asymétrie lors de la mise en charge (Foo et coll. 2013).

En analysant les résultats provenant de plusieurs ERC, il s’avère que l’entrainement sur tapis roulant avec soutien partiel du poids du corps ne fournit aucun avantage par rapport à l’entrainement conventionnel (Brown et coll. 2005; Wilson et coll. 2006; Esquenazi et coll. 2013).

Chez les usagers dont les contractures et les difformités progressent, l’utilisation de plâtres, d’orthèses et d’exercices passifs peuvent être bénéfiques. En ce qui concerne le membre supérieur, Moseley et coll. (2008) ont découvert que les usagers à qui on avait fait une série de plâtres du coude avaient démontré, après le traitement, une plus grande diminution des contractures comparativement aux usagers qui n’avaient fait que des exercices passifs; cependant, ces améliorations ont diminué rapidement (la réduction moyenne était de 22°, puis de 11° une journée plus tard). Lors du suivi, les évaluations n’ont pas démontré de différence significative entre les améliorations notées dans les deux groupes (Moseley et coll. 2008). Il a également été rapporté que l’amplitude de mouvement peut être améliorée avec la technique des plâtres (Hill 1994; Pohl et coll. 2002; Moseley 1997; Verplancke et coll. 2005). Il importe de préserver la fonctionnalité de l’amplitude de mouvement pour favoriser une éventuelle récupération motrice.

On devrait promouvoir la santé cardiorespiratoire par l’exercice physique parmi les personnes ayant subi un traumatisme. Dans une ERC, Hassett et coll. (2009) ont rapporté que les personnes assignées à un programme d’exercices avaient démontré des améliorations significatives sur le plan cardiorespiratoire, peu importe l’endroit où elles s’entrainaient (à domicile ou dans un centre d’entrainement) ou le nombre de séances hebdomadaires (2,4 séances par semaine ou 0,5 séance par semaine). Cependant, la participation constante au programme était plus grande chez les personnes s’entrainant dans un centre d’entrainement. Dans une étude sur des séries de cas où on comparait des personnes ayant subi un TCC qui s’entrainaient par rapport à d’autres qui ne le faisaient pas, il a été démontré que celles qui s’entrainaient étaient moins déprimées, éprouvaient moins de symptômes et se disaient en meilleure santé que celles qui ne s’entrainaient pas (Gordon et coll. 1998). De plus, Bateman et coll. (2001), en comparant un entrainement à vélo (groupe expérimental) et un entrainement à la relaxation (groupe témoin), ont rapporté des améliorations significatives dans le groupe expérimental.

Spasticité
Un certain nombre de d’agents pharmacologiques ont été suggérés pour traiter les problèmes de spasticité. Intiso et coll. (2014) ont analysé les effets de la toxine botulique et ont démontré une réduction de la spasticité du membre supérieur (coude, poignet et main) et de la cheville à un et à quatre mois après le traitement. Ces résultats sont semblables à ceux de Yablon et coll. (1996) qui avaient rapporté que des injections de toxine botulique dans les membres supérieurs avaient amélioré l’amplitude de mouvement et la spasticité chez 21 personnes ayant subi une lésion cérébrale acquise.

Dans une ERC croisée, Meythaler et coll. (1996) avaient confirmé l’efficacité du baclofène intrathécal pour diminuer la spasticité des membres supérieurs et inférieurs. Dans des études subséquentes, les mêmes chercheurs ont démontré que le baclofène intrathécal était efficace pour diminuer la spasticité pour une durée allant jusqu’à trois mois (Meythaler et coll. 1997) et jusqu’à un an (Meythaler et coll. 1999). Des études menées par d’autres groupes de recherche ont rapporté des résultats similaires (Becker et coll. 1997; Dario et coll. 2002; Francisco et coll. 2005; Hoarau et coll. 2012b; Posteraro et coll. 2013; Stokic et coll. 2005). On constate cependant qu’une des limites courantes de ces études est l’absence d’un groupe témoin.

Meythaler et coll. (2001) ont finalisé une ERC croisée analysant les effets de la tizanidine dans le traitement de la spasticité. Cette étude incluait des personnes ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) (53 %) ou un TCC (47 %). Tant dans le membre supérieur que dans le membre inférieur, une diminution significative des scores sur l’échelle d’Ashworth du côté atteint a été notée dans le groupe ayant reçu le traitement actif, comparativement au groupe placebo. Cependant, des différences significatives n’ont pas été démontrées sur le plan des spasmes des membres supérieurs et inférieurs ni des réflexes (Meythaler et coll. 2001). Dans une autre étude de population mixte (TCC et AVC), Meythaler et coll. (2004) ont réalisé une étude rétrospective évaluant l’utilisation de baclofène par voie orale pour traiter la spasticité : ils ont découvert que le baclofène avait amélioré la spasticité du membre inférieur, mesurée avec l’échelle d’Ashworth et le Spasm Frequency Scale; cependant, aucun changement de tonus, de fréquence des spasmes ou dans les réflexes n’a été démontré dans le membre supérieur (Meythaler et coll. 2004).

REFERENCES
Bateman, A., Culpan, F. J., Pickering, A. D., Powell, J. H., Scott, O. M., & Greenwood, R. J. (2001). The effect of aerobic training on rehabilitation outcomes after recent severe brain injury: a randomized controlled evaluation. Arch Phys Med Rehabil, 82(2), 174-182.

Becker, R., Alberti, O., & Bauer, B. L. (1997). Continuous intrathecal baclofen infusion in severe spasticity after traumatic or hypoxic brain injury. J Neurol, 244(3), 160-166.

Brown, T. H., Mount, J., Rouland, B. L., Kautz, K. A., Barnes, R. M., & Kim, J. (2005). Body weight-supported treadmill training versus conventional gait training for people with chronic traumatic brain injury. J Head Trauma Rehabil, 20(5), 402-415.

Bushbacher, R. M., & Porter, C. D. (2000). Deconditioning, conditioning, and the benefits of exercise. Toronto Saunders Company.

Canning, C. G., Shepherd, R. B., Carr, J. H., Alison, J. A., Wade, L., & White, A. (2003). A randomized controlled trial of the effects of intensive sit-to-stand training after recent traumatic brain injury on sit-to-stand performance. Clin Rehabil, 17(4), 355-362.

Cuthbert, J. P., Staniszewski, K., Hays, K., Gerber, D., Natale, A., & O'Dell, D. (2014). Virtual reality-based therapy for the treatment of balance deficits in patients receiving inpatient rehabilitation for traumatic brain injury. Brain Inj, 28(2), 181-188.

Dario, A., Di Stefano, M. G., Grossi, A., Casagrande, F., & Bono, G. (2002). Long-term intrathecal Baclofen infusion in supraspinal spasticity of adulthood. Acta Neurol Scand, 105(2), 83-87.

Dault, M. C., & Dugas, C. (2002). Evaluation of a specific balance and coordination programme for individuals with a traumatic brain injury. Brain Inj, 16(3), 231-244.

Esquenazi, A., Lee, S., Packel, A. T., & Braitman, L. (2013). A randomized comparative study of manually assisted versus robotic-assisted body weight supported treadmill training in persons with a traumatic brain injury. Pm r, 5(4), 280-290.

Evidence-Based Review of Moderate To Severe Acquired Brain Injury (ERABI). (2016). http://www.abiebr.com/.   

Foo, J., Paterson, K., Williams, G., & Clark, R. (2013). Low-cost evaluation and real-time feedback of static and dynamic weight bearing asymmetry in patients undergoing in-patient physiotherapy rehabilitation for neurological conditions. J Neuroeng Rehabil, 10, 74.

Francisco, G. E., Hu, M. M., Boake, C., & Ivanhoe, C. B. (2005). Efficacy of early use of intrathecal baclofen therapy for treating spastic hypertonia due to acquired brain injury. Brain Inj, 19(5), 359-364.

Gordon, W. A., Sliwinski, M., Echo, J., McLoughlin, M., Sheerer, M., & Meili, T. E. (1998). The benefits of exercise in individuals with traumatic brain injury: A retrospective study. Journal of Head Trauma Rehabilitation, 13(4), 58-67.

Hassett, L. M., Moseley, A. M., Tate, R. L., Harmer, A. R., Fairbairn, T. J., & Leung, J. (2009). Efficacy of a fitness centre-based exercise programme compared with a home-based exercise programme in traumatic brain injury: a randomized controlled trial. Journal of Rehabilitation Medicine, 41(4), 247-255.

Hill, J. (1994). The effects of casting on upper extremity motor disorders after brain injury. Am J Occup Ther, 48(3), 219-224.

Hoarau, X., Richer, E., Dehail, P., & Cuny, E. (2012). Comparison of long-term outcomes of patients with severe traumatic or hypoxic brain injuries treated with intrathecal baclofen therapy for dysautonomia. Brain Injury, 26(12), 1451-1463.

Intiso, D., Simone, V., Di Rienzo, F., Iarossi, A., Pazienza, L., Santamato, A., . . . Basciani, M. (2014). High doses of a new botulinum toxin type A (NT-201) in adult patients with severe spasticity following brain injury and cerebral palsy. NeuroRehabilitation, 34(3), 515-522.

Meythaler, J. M., Clayton, W., Davis, L. K., Guin-Renfroe, S., & Brunner, R. C. (2004). Orally delivered baclofen to control spastic hypertonia in acquired brain injury. J Head Trauma Rehabil, 19(2), 101-108.

Meythaler, J. M., DeVivo, M. J., & Hadley, M. (1996). Prospective study on the use of bolus intrathecal baclofen for spastic hypertonia due to acquired brain injury. Arch Phys Med Rehabil, 77(5), 461-466.

Meythaler, J. M., Guin-Renfroe, S., Grabb, P., & Hadley, M. N. (1999). Long-term continuously infused intrathecal baclofen for spastic-dystonic hypertonia in traumatic brain injury: 1-year experience. Arch Phys Med Rehabil, 80(1), 13-19.

Meythaler, J. M., Guin-Renfroe, S., Johnson, A., & Brunner, R. M. (2001). Prospective assessment of tizanidine for spasticity due to acquired brain injury. Arch Phys Med Rehabil, 82(9), 1155-1163.

Meythaler, J. M., McCary, A., & Hadley, M. N. (1997). Prospective assessment of continuous intrathecal infusion of baclofen for spasticity caused by acquired brain injury: a preliminary report. J Neurosurg, 87(3), 415-419.

Moseley, A. M. (1997). The effect of casting combined with stretching on passive ankle dorsiflexion in adults with traumatic head injuries. Phys Ther, 77(3), 240-247; discussion 248-259.

Moseley, A. M., Hassett, L. M., Leung, J., Clare, J. S., Herbert, R. D., & Harvey, L. A. (2008). Serial casting versus positioning for the treatment of elbow contractures in adults with traumatic brain injury: a randomized controlled trial. Clin Rehabil, 22(5), 406-417.

Neistadt, M. E. (1994). The effects of different treatment activities on functional fine motor coordination in adults with brain injury. Am J Occup Ther, 48(10), 877-882.

Page, S., & Levine, P. (2003). Forced use after TBI: promoting plasticity and function through practice. Brain Inj, 17(8), 675-684.

Pohl, M., Ruckriem, S., Mehrholz, J., Ritschel, C., Strik, H., & Pause, M. R. (2002). Effectiveness of serial casting in patients with severe cerebral spasticity: a comparison study. Arch Phys Med Rehabil, 83(6), 784-790.

Posteraro, F., Calandriello, B., Galli, R., Logi, F., Iardella, L., & Bordi, L. (2013). Timing of intrathecal baclofen therapy in persons with acquired brain injury: influence on outcome. Brain Inj, 27(13-14), 1671-1675.

Shaw, S. E., Morris, D. M., Uswatte, G., McKay, S., Meythaler, J. M., & Taub, E. (2005). Constraint-induced movement therapy for recovery of upper-limb function following traumatic brain injury. J Rehabil Res Dev, 42(6), 769-778.

Stokic, D. S., Yablon, S. A., & Hayes, A. (2005). Comparison of clinical and neurophysiologic responses to intrathecal baclofen bolus administration in moderate-to-severe spasticity after acquired brain injury. Arch Phys Med Rehabil, 86(9), 1801-1806.

Ustinova, K. I., Perkins, J., Leonard, W. A., & Hausbeck, C. J. (2014). Virtual reality game-based therapy for treatment of postural and co-ordination abnormalities secondary to TBI: a pilot study. Brain Inj, 28(4), 486-495.

Verplancke, D., Snape, S., Salisbury, C. F., Jones, P. W., & Ward, A. B. (2005). A randomized controlled trial of botulinum toxin on lower limb spasticity following acute acquired severe brain injury. Clin Rehabil, 19(2), 117-125.

Wilson, D. J., Powell, M., Gorham, J. L., & Childers, M. K. (2006). Ambulation training with and without partial weightbearing after traumatic brain injury: results of a randomized, controlled trial. Am J Phys Med Rehabil, 85(1), 68-74.

Yablon, S. A., Agana, B. T., Ivanhoe, C. B., & Boake, C. (1996). Botulinum toxin in severe upper extremity spasticity among patients with traumatic brain injury: an open-labeled trial. Neurology, 47(4), 939-944.

> Ouvrir tout le contenu > Fermer tout le contenu

M1. Évaluation des fonctions et du contrôle moteurs

P Prioritaire F Fondamentale Nouvelle Niveaux de preuve A B C
M 1.1 C

Un intervenant ayant une formation et une expertise en neurologie devrait évaluer la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral, puis élaborer, mettre en œuvre et superviser les interventions visant la récupération des fonctions motrices de la personne.

(Adapté de NZGG 2006, 6.1, p. 88)

M2. Réadaptation des fonctions et du contrôle moteurs

P Prioritaire F Fondamentale Nouvelle Niveaux de preuve A B C
M 2.1 C

Toute approche de réadaptation physique dispensée après un traumatisme craniocérébral devrait tenir compte des blessures orthopédiques ou musculosquelettiques associées.

(Adapté de NZGG 2006, 6.1, p. 88)

M 2.2 P C

Le programme d’intervention au plan moteur pour les personnes ayant subi un traumatisme craniocérébral devrait viser la préservation de l’amplitude articulaire, et ce, dans toutes les phases du continuum (si absence d’hypertension intracrânienne réfractaire), mais surtout dans les phases de soins aigus et subaigus, afin de favoriser la récupération motrice ultérieure, les activités fonctionnelles et le positionnement. Peu importe le pronostic, le potentiel de récupération peut être négativement affecté si on laisse des contractures s’installer.

(INESSS-ONF, 2015)

RÉFÉRENCE :

- ERABI Module 4- Motor & Sensory Impairment Remediation

M 2.3 C

Le programme d’intervention sur le plan moteur devrait autant que possible être adapté à l’environnement habituel et aux activités de la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral.

(Adapté de NZGG 2006, 6.1, p. 88)

M 2.4 C

L’entrainement de la force et de l’endurance de la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral devrait autant que possible être réalisé dans un contexte de tâches fonctionnelles.

(Adapté d’ABIKUS 2007, G54, p. 24)

M 2.5 P A

On devrait donner à la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral des occasions d’exercer ses capacités motrices à l’extérieur des sessions formelles de thérapie.

(ABIKUS 2007, G53, p. 24)

M 2.6 C

Puisque le contrôle postural constitue une composante essentielle de la mobilité et de la fonction motrice, on devrait donner à la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral l’occasion d’expérimenter la position verticale, indépendamment de leur niveau de réactivité, du niveau de gravité et de récupération, pourvu qu’elle soit médicalement stable. Par exemple, la station assise graduelle ou le soutien à la station debout pour le contrôle de la tête, du cou et du tronc, devraient faire partie des interventions de contrôle postural.

(INESSS-ONF, 2015)

M 2.7 C

La personne ayant subi un traumatisme craniocérébral présentant des besoins complexes d’installation en position assise devrait être confiée à une équipe interdisciplinaire spécialisée détenant de l’expertise en positionnement.

(Adapté d’ABIKUS 2007, G54, p. 24 et NZGG 2006, 6.1.1, p. 90)

M 2.8 P B

Les interventions visant l’entrainement spécifique répété afin d’améliorer la fonctionnalité après le traumatisme craniocérébral sont recommandées, par exemple des exercices : assis-debout, équilibre et extension de la portée fonctionnels, coordination motrice globale des membres inférieurs.

(INESSS-ONF, 2015)

RÉFÉRENCE :

-ERABI Module 4- Motor & Sensory Impairment Remediation, p.32, 4.4.2

M 2.9 P B

Un programme d’entrainement de l’équilibre en mode conventionnel ou avec la réalité virtuelle peut être utilisé pour améliorer l’équilibre après un traumatisme craniocérébral.

(INESSS-ONF, 2015)

RÉFÉRENCE :

-ERABI Module 4- Motor & Sensory Impairment Remediation, p.32, 4.4.2

M 2.10 C

L’entrainement à la marche est recommandé afin d’améliorer la mobilité après un traumatisme craniocérébral.

(Adapté d’ABIKUS 2007, G54, p. 24)

M 2.11 B

Par rapport à l’entrainement conventionnel, l’entrainement à la marche avec soutien partiel du poids du corps ne fournit AUCUN avantage en termes de fonction ambulatoire, de mobilité ou d’équilibre après un traumatisme craniocérébral.

(INESSS-ONF, 2015)

RÉFÉRENCE :

-ERABI Module 4- Motor & Sensory Impairment Remediation, p.29, 4.4.1

M 2.12 C

On devrait envisager un entrainement à la marche avec soutien partiel du poids à l’aide d’un harnais et/ou de l’hydrothérapie pour la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral qui ne peut marcher sur le sol.

(INESSS-ONF, 2015)

M 2.13 P B

Des activités d’entrainement au contrôle fonctionnel de la motricité fine devraient être envisagées afin d’améliorer la coordination motrice fine après un traumatisme craniocérébral.

(Adapté de AOTA 2009, p. 82)

M 2.14 C

La thérapie par le mouvement induit par la contrainte devrait être envisagée pour la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral qui présente des déficits moteurs des membres supérieurs avec préservation de certains mouvements du poignet et des doigts et qui peut cognitivement s’engager dans la thérapie.

(Adapté de AOTA 2009, p. 82)

M 2.15 C

Les thérapies suivantes peuvent être envisagées afin d’améliorer les déficits sensorimoteurs des membres supérieurs et inférieurs après un traumatisme craniocérébral :

  • La stimulation électrique fonctionnelle

  • Les bains contrastes

  • La thérapie par le miroir

  • L’ergométrie par bicyclette avec ou sans assistance motrice, selon le niveau de fonctionnement de la personne.

(INESSS-ONF, 2015)

M 2.16 C

Un programme doit être en place pour prévenir les traumatismes de l’épaule de la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral dont les membres supérieurs sont flasques. Ceci inclut le positionnement au lit, le soutien des bras pendant la station assise et l’utilisation d’une écharpe d’épaule pendant la station debout ou les transferts.

(INESSS-ONF, 2015)

M 2.17 C

Des orthèses devraient être individuellement ajustées par un intervenant ou un orthésiste détenant une expertise en traumatisme craniocérébral.

(Adapté de NZGG 2006, 6.1.1, p. 90)

M 2.18 B

En cas de progression des contractures ou des difformités, des plâtres, des attelles et des étirements passifs peuvent être envisagés pour la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral.

(SIGN 2013, 4.2.1, p. 17)

M 2.19 P A

Un programme d’exercices est recommandé afin de favoriser la santé cardiorespiratoire de la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral.

(Adapté d’ABIKUS 2007, G54, p. 24)

M3. Évaluation de la spasticité

P Prioritaire F Fondamentale Nouvelle Niveaux de preuve A B C
M 3.1 C

La personne ayant subi un traumatisme craniocérébral présentant de la spasticité devrait être évaluée et bénéficier d’un plan coordonné de prise en charge interdisciplinaire qui inclut :

  • l’identification et la gestion des facteurs aggravants, tels que la douleur et les infections;

  • des modalités de thérapies spécifiques (p. ex. plâtres successifs ou attelles amovibles);

  • l’administration de médicaments antispasmodiques (p. ex. le baclofène et la tizanidine), y compris la toxine botulique, si elle est indiquée (voir la section M4 pour plus d’informations);

  • des interventions de réadaptation qui incluent des routines d’amplitude de mouvements, de flexibilité et de positionnement.

(Adapté d’ABIKUS 2007, G63, p. 26)

M4. Prise en charge de la spasticité

La médication devrait être prescrite uniquement par des médecins qualifiés, et les utilisateurs du guide devraient consulter la section portant sur les "Principes de gestion de la médication" avant d'effectuer une prescription.
P Prioritaire F Fondamentale Nouvelle Niveaux de preuve A B C
M 4.1 P B

Le traitement par toxine botulique peut être envisagé afin de réduire la tonicité et les difformités chez la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral et présentant de la spasticité focale.

(Adapté de SIGN 2013, 4.2.2, p. 17)


Outil suggéré : Indications d'usage de Santé Canada

M 4.2 C

Le traitement par toxine botulique pour la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral devrait être employé dans un cadre interdisciplinaire impliquant un physiothérapeute/ergothérapeute et un orthésiste au besoin.

(Adapté de SIGN 2013, 4.2.2, p. 17)


Outil suggéré : Indications d'usage de Santé Canada

M 4.3 C

L’administration par voie orale de baclofène, de tizanidine ou de dantrolène sodique peut être envisagée pour traiter la spasticité des personnes ayant subi un traumatisme craniocérébral.

(Adapté de SIGN 2013, 4.2.3, p. 18)

Remarque : Lorsqu’ils prescrivent ces médicaments, les médecins devraient prendre en compte et surveiller leurs effets indésirables sédatifs et cognitifs.


Outil suggéré : Indications d'usage de Santé Canada

M 4.4 C

Un essai de baclofène intrathécal pour le traitement de la spasticité sévère chez la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral peut être envisagé après qu’ont été épuisées les autres options thérapeutiques, soit les médicaments antispasmodiques (p. ex. baclofène, dantrolène, tizanidine, toxine botulique), les plâtres, les attelles et les étirements. L’essai devrait être rigoureusement surveillé étant donné les complications possibles, y compris le mauvais fonctionnement de la pompe. On devrait aussi s’assurer que la personne a accès à un suivi continu pour, par exemple, faire remplir la pompe, de même que reconnaitre et résoudre les problèmes de fonctionnement.

(Adapté de NZGG 2006, 6.1.1, p. 90)


Outil suggéré : Indications d'usage de Santé Canada

M5. Évaluation pour la technologie d'assistance

P Prioritaire F Fondamentale Nouvelle Niveaux de preuve A B C
M 5.1 P C

La personne ayant subi un traumatisme craniocérébral (TCC) devrait être évaluée afin que l’on puisse déterminer si des équipements ou adaptations pourraient améliorer sa sécurité, son indépendance, sa communication et sa qualité de vie. Cette évaluation devrait :

  • être réalisée par des intervenants détenant de l’expertise dans ce domaine (TCC et aides techniques/technologie d’assistance);

  • être individualisée et effectuée dans l’environnement où l’équipement sera utilisé.

(Adapté de NZGG 2006, 6.2, p. 107)

M6. Prescription de technologie d'assistance

P Prioritaire F Fondamentale Nouvelle Niveaux de preuve A B C
M 6.1 P C

La prescription de l’équipement pour la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral devrait tenir compte des déficits cognitifs, comportementaux et de communication et aussi des contraintes que ces déficits exercent sur la capacité de la personne, ou ses proches, à utiliser cet équipement de façon sécuritaire et appropriée. En cas de doute, on devrait prévoir des révisions régulières.

(Adapté d’ABIKUS 2007, G88, p. 31 et NZGG 2006, 6.2, p. 107)

M 6.2 C

Lorsqu’un besoin d’équipement est reconnu pour la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral, l’équipement devrait être fourni le plus rapidement possible, et ce, avant le congé à domicile s’il s’agit d’une question de sécurité.

(NZGG 2006, 6.2, p. 107)

M 6.3 C

La personne ayant subi un traumatisme craniocérébral et ses proches devraient être entrainés à utiliser l’équipement de façon sécuritaire et efficace.

(NZGG 2006, 6.2, p. 107)

M 6.4 C

On devrait remettre à la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral et à ses proches des informations écrites claires relatives aux personnes à contacter pour faire réparer l’équipement, le remplacer ou obtenir des conseils et de l’aide par la suite. L’efficacité de l’équipement devrait être évaluée régulièrement en conformité avec les directives du fabricant.

(Adapté d’ABIKUS 2007, G89, p. 31 et NZGG 2006, 6.2, p. 107)

M 6.5 C

Au moment approprié, la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral devrait disposer d’un fauteuil roulant adapté ainsi que des coussins et accessoires de positionnement requis. Une révision de l’équipement et du positionnement au fauteuil devrait être effectuée régulièrement selon l’évolution des besoins.

(Adapté de NZGG 2006, 6.1.1, p. 90)

M 6.6 C

Chez la personne ayant subi un traumatisme craniocérébral, les aides techniques à la marche ou à la station debout ne devraient être envisagées qu’après une évaluation complète des avantages et des risques potentiels que présente l’aide technique par rapport à la condition physique de la personne et à ses capacités cognitives.

(Adapté de SIGN 2013, 4.1.6, p. 16)

ENREGISTRER OU IMPRIMER CETTE PAGE

Enregistrer cette page en format PDF pour la télécharger ou l'imprimer

SECTIONS DU GUIDE À TÉLÉCHARGER EN VERSION PDF

Télécharger le guide de pratique complet pour impression ou enregistrement en format pdf.

Télécharger le Guide complet